La vache des orphelins (Tafunast n yigujilen)
Contes en français / 24 octobre 2015

Sur un lopin de terre grise arraché à la rocaille, vivait une famille de paysans. Oh ! Ils n’étaient pas bien riches, mais le père, la mère, la fille, Samra, et le fils, Yacine, étaient heureux d’être ensemble et s’étaient longtemps suffis de consommer les fruits et légumes qu’ils produisaient eux-mêmes. Les années fastes étaient rares, il ne pleuvait jamais assez pour leur permettre de vendre au marché un éventuel excédent des récoltes et d’améliorer ainsi l’ordinaire. En fait, la seule fois, depuis la naissance des enfants, où une telle occasion s’était offerte, ils en avaient profité pour acheter une belle vache, robuste et prodigue en lait. Depuis, le beurre et le fromage faisaient partie d’une alimentation jusque-là limitée aux œufs et aux produits de la terre. Dès lors, même si la viande était rare, tout le monde jouissait d’une bonne santé. Tout alla ainsi durant des années, mais le malheur s’en mêla : la mère tomba malade. On appela le rebouteux du village le plus proche ; on fit venir des talebs… mais rien n’y fit : le mal fut le plus fort, si bien qu’au sortir d’une nuit douloureuse, les deux enfants se retrouvèrent orphelins. On pleura longtemps la chère disparue, puis…

La marâtre et Le père remarié
Contes en français / 17 octobre 2015

Amachu Rebbi ad tt-yesselhu,ad tiɣzif anect usaru. (Que je vous conte une histoire. Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).  »Win iwumi yemmut baba-s,ur as-iruḥ wara, win iwumi temmut yemma-s, ur as-d-yegri wara » C’est par ce proverbe kabyle très significatif qui veut dire que celui qui a perdu son père n’a rien perdu, mais celui qui a perdu sa mère a tout perdu, que nous commençons notre conte d’aujourd’hui qui met en scène un père très faible aux prises avec une femme très méchante. Mais, commençons par le commencement. Il était une fois, il y a très longtemps de cela, un homme marié à une femme. Le couple avait le désir ardent d’avoir des enfants mâles, mais la Providence ne leur a donné que des femelles. A chaque naissance leur espoir est déçu. Les filles se suivent et s’alignent l’une derrière l’autre jusqu’au nombre de sept. Quand la cadette eut sept ans, un malheur vient frapper à la porte de la grande famille. La mère décède sans crier gare des suites d’une longue maladie. Resté seul avec ses sept filles, le pauvre père ne sait plus à quel saint se vouer. Encouragé par des amis, il…